Transplantation : Des chercheurs de l'ULB (IMI, Charleroi) ont mis au point un modèle expérimental de greffe de fémur chez la souris.

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Transplantation : Des chercheurs de l'ULB (IMI, Charleroi) ont mis au point un modèle expérimental de greffe de fémur chez la souris.
mardi 23 décembre 2008Description
De plus en plus de greffes de tissus composites sont réalisées à travers le monde. Ce type de transplantation implique le prélèvement de l'ensemble des tissus nécessaires à la reconstruction d'une zone déterminée ainsi que des éléments vasculaires et nerveux correspondants. C'est le cas par exemple pour les transplantations de membres (principalement bras, avant-bras, épaule, main, doigt) et pour les greffes de visage.

Ces interventions sont extrêmement lourdes et requièrent une expertise chirurgicale et multidisciplinaire de très haut niveau. Malgré d'excellents résultats fonctionnels, le tissu greffé prélevé sur un individu génétiquement différent, génère une réaction de rejet par le système immunitaire du receveur. Cela nécessite un traitement immunosuppresseur continu qui affecte significativement la santé et la qualité de vie du patient, ce qui limite directement le recours à ce type de greffe. L'idéal serait donc de rendre le système immunitaire du receveur tolérant aux antigènes exprimés par le greffon.

Avec le soutien de la Fondation Melina Nakos et du programme First Elite de la Région wallonne, et en collaboration avec le docteur Frédéric Schuind de l'hôpital Erasme, les docteurs Zhanzhuo Li et Alain Le Moine ont développé à l'Institut d'Immunologie Médicale (IMI) de l'ULB un modèle expérimental de greffe de fémur vascularisé chez la souris.

Les résultats de leur recherche sont publiés dans la revue American Journal of Transplantation, le journal officiel de la Société américaine de Transplantation (AST).

Dans ce modèle, une administration brève d'immunosuppresseurs, uniquement au début de la greffe, permet au receveur de développer une tolérance robuste et durable à l'égard du greffon. En outre, les animaux rendus tolérants sont totalement capables de générer des réponses immunes contre des antigènes étrangers qui n'étaient exprimés ni par le donneur ni par le receveur, soulignant ainsi la spécificité de la tolérance.

Un des mécanismes impliqués semble être lié à la présence de cellules souches hématopoïétiques dans le greffon. Ces cellules souches issues du fémur colonisent le receveur en créant un état de chimérisme et éduquent ainsi le système immunitaire, prévenant le rejet. Le concept d'induction de tolérance par les cellules souches hématopoïétiques n'est pas neuf. La nouveauté réside dans le fait que la greffe vascularisée d'un os qui contient de la moelle osseuse constitue une source constante de cellules « tolérogéniques ». Associée à un simple traitement immunosuppresseur limité à la période opératoire, elle permet d'induire une tolérance robuste d'allogreffe de tissu composite.

Ce travail démontre la faisabilité d'une greffe de cellules souches via un os vascularisé ainsi que la tolérance que celle-ci induit chez le receveur lors d'une greffe de tissu composite, hautement immunogénique.

En termes d'applications cliniques, cette méthode pourrait représenter une solution alternative à l'injection intraveineuse de cellules souches qui n'induit en effet pas de chimérisme stable chez le receveur si ce n'est après un conditionnement lourd qui n'est pas souhaitable chez le patient en attente de greffe d'organe solide.

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