Publication dans Proc Natl Acad Sci U S A : des chercheurs de l'IRIBHM, ULB identifient les cellules à l'origine du carcinome spinocellulaire, le deuxième cancer de la peau le plus fréquent che

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Publication dans Proc Natl Acad Sci U S A : des chercheurs de l'IRIBHM, ULB identifient les cellules à l'origine du carcinome spinocellulaire, le deuxième cancer de la peau le plus fréquent che
mardi 19 avril 2011Description
La transformation d'une cellule normale en une cellule cancéreuse est un processus qui requiert l'accumulation de mutations oncogéniques dans les descendants d'une cellule. Pour la plupart des cancers, la cible cellulaire de ces mutations initiales reste inconnue.

Deux études indépendantes publiées dans Proc Natl Acad Sci USA (mise en ligne ce 18 avril) dirigées par Cédric Blanpain, chercheur FNRS/FRS et investigateur du Welbio à l'IRIBHM, Faculté de Médecine, Université libre de Bruxelles et William Lowry, Université de Californie Los Angeles, relatent la découverte de l'origine cellulaire du carcinome spinocellulaire, le deuxième cancer de la peau le plus fréquent chez l'homme et qui atteint chaque année des centaines de milliers de patients à travers le monde.

On pensait que le carcinome spinocellulaire prenait son origine au niveau de l'épiderme interfolliculaire, la partie de la peau qui se trouve entre les follicules pileux, étant donné sa ressemblance histologique et biochimique avec celui-ci. Grâce à l'utilisation d'une approche génétique chez la souris qui mime d'une manière fidèle comment les cancers se développent naturellement chez l'homme, Lapouge (IRIBHM) et ses collègues ont montré que les tumeurs squameuses ne se développent pas seulement à partir des cellules de l'épiderme interfolliculaire mais aussi au niveau des cellules souches du follicule pileux, suggérant que ces tumeurs peuvent avoir des origines multiples.

« L'origine multiple de ces tumeurs était quelque peu inattendue» déclare Gaëlle Lapouge, le premier auteur de cette étude. «Elle montre une fois de plus, que la ressemblance entre une tumeur et une cellule normale ne permet pas nécessairement de prédire l'origine cellulaire du cancer et que la réalité expérimentale est souvent bien différente de ce qui est attendu à priori ».

Afin d'identifier précisément l'origine cellulaire du carcinome spinocellulaire, les chercheurs de l'ULB ont utilisé une méthode génétique permettant d'activer le gène responsable de ce cancer (Ras) spécifiquement dans les cellules des différents compartiments de la peau et de suivre leur devenir au cours du temps. Ils ont découvert que les tumeurs squameuses prenaient leur origine non seulement dans les cellules de l'épiderme interfolliculaire, la partie de la peau qui se trouve entre les follicules pileux, mais aussi dans les cellules souches du follicule pileux. Les chercheurs ont aussi découvert qu'une fois atteintes par ce gène muté, il fallait au minimum un second évènement génétique (perte de p53) pour permettre l'évolution maligne de ces tumeurs.

En conclusion, ces deux études publiées online dans Proc Natl Acad Sci USA relatent la découverte des cellules à l'origine de l'un des cancers les plus fréquents chez l'homme et ouvrent de nouvelles perspectives pour comprendre les mécanismes sous-jacents à la progression cancéreuse. Cette découverte est également importante pour les autres cancers car elle montre, une fois de plus, que les caractéristiques histologiques et biochimiques d'une tumeur ne signent pas nécessairement leur origine cellulaire.

Cette recherche a été menée avec le soutien du FNRS, du Career Development Award de la Human Frontier Science Program Organization, de la Fondation Schlumberger, du programme d'excellence CIBLES de la Région wallonne, de la Fondation contre le cancer, du Fonds Gaston Ithier, du programme EMBO Young Investigator et d'un Starting Grant du Conseil européen de la recherche.

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