Cytheris annonce le lancement d'un essai clinique de Phase II

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Cytheris annonce le lancement d'un essai clinique de Phase II
mardi 19 octobre 2010Description
Cytheris annonce le lancement d'un essai clinique de Phase II sponsorisé par ORVACS combinant l'intervention immuno-modulatrice de l'Interleukine-7 (CYT107) et l'intensification du traitement anti-rétroviral par le Raltégravir et le Maraviroc pour atteindre le réservoir du VIH

En associant un inhibiteur d'intégrase et un inhibiteur du CCR5 avec l'IL-7 pour cibler ou induire l'activation de cellules latentes infectées, l'essai cherche à déterminer si l'épuisement du réservoir du VIH et, in fine, son éradication, sont envisageables.

Cytheris SA, société biopharmaceutique spécialisée dans l'immuno-modulation, annonce aujourd'hui sa participation au lancement d'un essai clinique de Phase II de son Interleukine-7 (CYT107), associée à deux puissants anti-rétroviraux : le Raltégravir (ISENTRESS(R) - Merck & Co.) un inhibiteur d'intégrase, et le Maraviroc (CELSENTRI(R) - ViiV Healthcare), un inhibiteur d'entrée par le site CCR5. L'hypothèse principale de cet essai clinique repose sur l'idée qu'en combinant deux anti-rétroviraux efficaces et synergiques à un agent immuno-modulateur capable de cibler et d'activer les cellules latentes infectées du réservoir viral, celui-ci peut être significativement réduit, rendant plausible le concept d'éradication.

L'essai EraMune 01 est conçu et sponsorisé par ORVACS (Objectif Recherche VACcin Sida), une association à but non-lucratif soutenue par la fondation Bettencourt-Schueller (Paris). Depuis sa création en 2001, ORVACS, en s'appuyant sur un réseau international d'excellence, a dédié ses ressources au développement de nouvelles approches innovantes en vaccins ou immunothérapies anti-VIH. L'essai sera mené en France, en Espagne, en Italie et au Royaume-Uni, sous la responsabilité du Pr. Christine Katlama (investigateur principal), Directrice de l'unité de recherche clinique sur le sida, service des maladies infectieuses, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière, à Paris, et du Dr. Bonaventura Clotet (co-investigateur principal), Chef de l'unité de médecine interne HIV de l'Hôpital Universitaire Germans Trias i Pujol, à Barcelone (Espagne).

L'essai EraMune 01, « une étude internationale, multicentrique, randomisée, non-comparative mais contrôlée, associant l'intensification thérapeutique à une immuno-modulation chez des patients infectés par le VIH mais contrôlant leur charge virale à long terme » vient compléter les sept autres essais déjà en cours avec le CYT107 de Cytheris, une immunothérapie prometteuse testée dans différentes indications thérapeutiques.

« La nouveauté de cette approche est triple, » indique le Professeur Christine Katlama. « Premièrement, par l'utilisation d'une thérapie anti-rétrovirale très efficace qui combine des molécules ciblant différents enzymes, ou récepteurs ou voies de pénétrations du VIH dans les cellules, afin de réduire le niveau de réplication du virus jusqu'à des niveaux d'extrême indétectabilité ; deuxièmement, par l'ajout d'une thérapie immuno-modulatrice ciblant spécifiquement les réservoirs viraux ; et enfin, par la sélection rigoureuse de patients présentant déjà un faible niveau de réservoir, mesuré par la quantité d'ADN du VIH dans le sang périphérique. »

L'éradication du VIH d'un patient infecté ne peut être obtenue par l'utilisation des régimes thérapeutiques anti-rétroviraux actuellement prescrits. A ce jour, l'échec de l'éradication du VIH est dû à la persistance du virus dans des réservoirs constitués dans la phase précoce de l'infection mais insuffisamment ciblés par les traitements anti-rétroviraux et donc capables d'entretenir l'infection en cas d'interruption des traitements.

Le traitement anti-rétroviral actuel est capable de réduire la charge virale plasmatique jusqu'à des niveaux indétectables.
Toutefois, les molécules actuellement disponibles ciblant différentes étapes du cycle viral permettent seulement de prévenir l'infection de cellules saines, mais n'ont qu'un impact limité sur les cellules déjà infectées ou les cellules ayant déjà intégré le génome viral.

« L'IL-7 associée à un traitement anti-rétroviral conventionnel a démontré dans les premières études cliniques sa capacité à restaurer le nombre et la fonction des lymphocytes T, mais également à induire une réplication limitée du VIH y compris dans les lymphocytes quiescents, tout en augmentant simultanément le nombre de CD4+ non-infectés, » souligne le Dr. Thérèse Croughs, Directeur Médical chez Cytheris.

« L'hypothèse qui sous-tend cet essai est qu'en ajoutant des inhibiteurs d'intégrase et d'entrée aux anti-rétroviraux classiques, l'induction de la réplication virale dans les lymphocytes CD4+ quiescents peut être contenue tout en restant suffisante pour exposer les cellules infectées à leur élimination par le système immunitaire, ce qui à terme pourrait conduire à une réduction du réservoir viral et in fine à son éradication. »

Au cours des deux dernières décennies, 27 molécules anti-rétrovirales ont été autorisées par les autorités réglementaires américaines (FDA) et européennes (EMA). Parmi ces molécules, l'autorisation récente de deux nouvelles classes, l'inhibiteur d'intégrase Raltégravir (ISENTRESS(R) - Merck & Co.) et l'inhibiteur d'entrée Maraviroc (CELSENTRI(R) - ViiV Healthcare) ouvre la perspective d'éradiquer le virus pour la communauté scientifique.

Les inhibiteurs d'intégrase sont aujourd'hui une des classes de molécules les plus intéressantes pour la recherche et le traitement du VIH. L'intégrase est une enzyme virale essentielle à la réplication du virus. Les inhibiteurs d'intégrase ont une activité complètement différente de toutes les autres classes d'anti-rétroviraux: inhibiteurs de transcriptase inverse, de protéase, de maturation et d'entrée.

Les virus résistants à tous les médicaments connus restent donc parfaitement sensibles aux inhibiteurs d'intégrase. De plus, les inhibiteurs de l'intégrase sont actifs à la fois sur les virus VIH-1 « CCR5-tropiques » et « CXCR4-tropiques ».

La stratégie globale de l'essai EraMune 01 consiste à traiter des patients sélectionnés avec un régime thérapeutique anti-rétroviral synergique optimal et un ou plusieurs agents immuno-modulateurs.

En résumé, le programme EraMune propose d'évaluer un nouveau concept thérapeutique combinant l'association de nouveaux anti-rétroviraux sûrs et très puissants à un régime thérapeutique anti-rétroviral optimisé et à une intervention immunitaire expérimentale visant à l'activation des cellules latentes infectées pour purger le réservoir viral des patients pendant que le traitement anti-rétroviral courant permet de bloquer la diffusion du virus. Les patients seront sélectionnés sur la base d'un réservoir sanguin périphérique faible.

L'intervention immunitaire proposée a démontré son profil de sécurité in vivo. Le but ultime de ces essais est donc de tester si l'épuisement du réservoir et, à terme, l'éradication du virus sont possibles. En cas de succès, une nouvelle voie s'ouvrira pour des approches plus innovantes devant permettre l'éradication du virus chez un plus grand nombre de patients.

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