Cytheris annonce la publication d'un cas clinique combinant l'Interleukine-7 humaine recombinante (CYT107) à un agent antiviral, le CMX001, pour le traitement potentiel de la leucoencéphalopathi

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Cytheris annonce la publication d'un cas clinique combinant l'Interleukine-7 humaine recombinante (CYT107) à un agent antiviral, le CMX001, pour le traitement potentiel de la leucoencéphalopathi
mardi 30 novembre 2010Description
Cette thérapie combinant deux molécules en développement, le CYT107 de Cytheris et le CMX001 de Chimerix, montre son potentiel à éradiquer le virus JC responsable de la LEMP, une maladie neurologique rare et généralement mortelle

Paris - le 30 novembre 2010 - Cytheris SA, société biopharmaceutique spécialisée dans l'immuno-modulation, annonce aujourd'hui la publication dans le Journal of Antimicrobial Chemotherapy, d'un cas clinique documentant le succès d'un traitement de la Leucoencéphalopathie Multifocale Progressive (LEMP) par l'association de deux molécules en développement, l'Interleukine-7 humaine recombinante de Cytheris (CYT107) et le CMX001, un antiviral oral à large spectre (Chimerix, Research Triangle Park, Caroline du Nord, Etats-Unis). La thérapie combinée a réussi à éradiquer le polyomavirus JC, responsable de la LEMP, moins de deux semaines après le début du traitement par CYT107 et quatre semaines après l'introduction du CMX001.

La leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP) est une maladie neurologique rare et généralement mortelle causée par le polyomavirus JC. Le virus, identifié pour la première fois en 1971, se multiplie dans les oligodendrocytes et les détruit. Les oligodendrocytes sont les cellules du cerveau qui produisent la gaine de myéline entourant les neurones. Les symptômes comportent une perte de vision, des troubles de l'élocution, une paralysie, le déclin des fonctions cognitives et une faiblesse généralisée. A l'heure actuelle, il n'existe pas de traitement efficace de la LEMP.

« La combinaison du CYT107 avec un agent antiviral puissant pour traiter la LEMP correspond au régime thérapeutique mis en place par Cytheris dans ses études cliniques sur le VHC et le VHB. Dans ces études, l'interféron ou une thérapie antivirale sont utilisés pour induire une baisse initiale de la charge virale et sont suivis par addition de CYT107 pour éradiquer le virus. Ce processus s'accompagne d'une augmentation des taux de CD4 et de CD8 », souligne Michel Morre, Président Directeur Général de Cytheris. « Chez les patients qui répondent au traitement, on note des évolutions de la charge virale (baisse) et des taux de CD4 (augmentation) semblables dans le cas de LEMP décrit par le rapport du Dr Patel et chez les patients traités par CYT107 qui ont éliminé le virus VHC. Nous pensons que le même schéma va bientôt émerger dans notre étude franco-italienne CONVERT sur le VHB, maintenant que nous atteignons des doses plus élevées. »

L'article, « A case of progressive multifocal leukoencephalopathy and idiopathic CD4+ lymphocytopenia » a été publié dans le Journal of Antimicrobial Chemotherapy (Patel A, et al, 2010, Dec., Vol. 65(12): 2489-92). Il s'agit d'un cas clinique qui fournit une vue d'ensemble du traitement d'une patiente adulte atteinte de LEMP, une maladie rare et souvent mortelle causée par le polyomavirus humain JC. La patiente, une adulte admise à l'hôpital méthodiste de Houston, Texas (Etats-Unis), a été traitée par l'équipe médicale dirigée par le Dr Julie Y. Patel, du département d'immunologie, d'allergie et de rhumatologie du Health Science Center de l'université de médecine Texas A&M.

« Ces dernières années, nos connaissances en matière de traitement de la LEMP et les données expérimentales disponibles ont beaucoup augmenté. Cependant, nous ne disposons toujours pas, de moyens connus qui nous permettraient de prévenir ou de traiter de façon efficace cette maladie », précise le Dr Patel. « A ma connaissance, il s'agit du premier cas rapporté qui démontre que l'utilisation d'une thérapie combinée, en l'occurrence, deux médicaments en cours de développement, peut servir de stratégie thérapeutique dans le traitement de la LEMP. »

A propos du cas clinique

La patiente concernée est une femme âgée de 69 ans qui s'est présentée pour un problème d'engourdissement de la bouche. Au cours des mois suivants, le symptôme s'est également déclaré dans son bras droit et sa jambe droite. Elle a fini par présenter un trouble de la parole (dysarthrie). Une biopsie du cerveau a montré une LEMP et le diagnostic par PCR de son liquide céphalo-rachidien était positif au virus JC. De plus, son taux absolu de CD4 à 87/microlitre a permis de diagnostiquer une lymphocytopénie CD4 idiopathique (ICL), une maladie rare caractérisée par un taux de CD4 anormalement bas en l'absence d'infection VIH.

Avant d'administrer de l'IL-7, il a lui été prescrit du CMX001. Compte tenu du risque de détérioration de l'état de la patiente au regard de l'immunodéficience, le Dr Patel a demandé et obtenu une EIND (Emergency Investigational New Drug[1]) auprès de la FDA (Food and Drug Administration, autorité de santé) américaine pour pouvoir administrer du CYT107 en combinaison avec le CMX001. Le CMX001 est un agent antiviral à large spectre et à prise orale qui a démontré in vitro une activité contre plusieurs virus à ADN double brin (ADNdb), comme le cytomégalovirus, l'adénovirus, le virus JC et la variole.

Le CMX001, développé par Chimerix, Inc. (http://www.chimerix.com), est actuellement en essais cliniques de Phase II chez des patients immunodéprimés ayant subi une transplantation ou atteints de cancers, pour le traitement de virus potentiellement mortels, comme le cytomégalovirus ou l'adénovirus. Grâce à des demandes d'EINDs (Emergency Investigational New Drug) cette molécule a été administrée à plus de 120 patients pour traiter une grande variété d'infections potentiellement fatales provoquées par des virus à ADN double brin chez des patients sans traitement effectif disponible, ou sans réponse au traitement de référence.

Un cycle de traitement de CYT107 inclut trois injections sous-cutanées par semaine pendant 3 semaines. La dose standard est de 20 microgrammes/kg, mais, par prudence, seuls 10 microgrammes/kg ont été prescrits à la patiente atteinte de LEMP. Peu de temps après la première administration de CYT107, le 15 mars 2010, la charge virale de cette patiente a baissé jusqu'à un niveau indétectable. La patiente a reçu ensuite les deux autres injections les 22 et 29 mars 2010. En septembre 2010, ce cas a été soumis pour publication et la patiente a reçu un autre cycle de CYT107 pour réaugmenter son taux de CD4. Les échantillons de sang prélevés durant ce second cycle de CYT107 ont montré que la patiente ne présentait aucune trace décelable de virus JC alors que son taux de CD4 continuait de croître.

A propos de la LEMP
La LEMP est une maladie rare et progressive de démyélinisation du système nerveux central qui mène au décès ou à un handicap grave. Elle est provoquée par l'activation du virus de John Cunningham (JC). Le virus JC est présent de façon latente chez près de 90 pour cent des adultes sains, et ne cause la LEMP que chez les patients immunodéprimés.

Quand les patients sont immunodéprimés - lors de transplantations, suite à une infection au VIH ou à un traitement avec des médicaments comme le TYSABRI(R) (natalizumab - Biogen Idec) ou le RITUXAN(R) (rituximab - Genentech) qui freinent la réponse immunitaire de l'hôte - le virus JC peut se multiplier de façon incontrôlée et provoquer la LEMP. Ces observations suggèrent que le système immunitaire est important pour contrôler la présence asymptomatique des infections au virus JC humain.

Les facteurs qui mènent à l'activation de l'infection latente ne sont pas totalement compris, bien que des anomalies des lymphocytes T puissent jouer un rôle dans la réactivation et la LEMP. Dans la littérature scientifique, la LEMP a été observée chez des patients HIV séropositifs, ainsi que chez des patients cancéreux immunodéprimés (y compris des patients atteints de maladies hématologiques), chez des receveurs d'organes et chez des patients ayant une maladie auto-immune. A ce jour, il n'existe pas de moyens connus permettant de prévenir ou de traiter efficacement la LEMP.

A propos de l'Interleukine-7 (CYT107)

L'Interleukine-7 recombinante humaine (r-hIL-7) est un immuno-modulateur vital pour la récupération et l'amélioration des taux de lymphocytes T. En tant que facteur de croissance et cytokine sécrétée par la moelle ou les cellules stromales thymiques et autres cellules épithéliales, l'IL-7 a un effet stimulant important et parfois non-redondant sur le développement des lymphocytes T, sur la thymopoïèse et, en aval du thymus, sur l'homéostase des cellules T périphériques.

Des essais cliniques conduits sur plus de 160 patients en Europe, en Amérique du Nord, en Afrique du Sud et à Taiwan ont permis de démontrer le potentiel de l'IL-7 pour augmenter et protéger les lymphocytes T CD4+ et CD8+. Cytheris mène actuellement plusieurs essais cliniques internationaux de l'IL-7 dans le VIH, le VHC, le VHB, le cancer et après une greffe de moelle osseuse. D'autres essais portent sur la lymphocytopénie CD4 idiopathique (essai financé par le NIAID/NIH) et sur la vaccination tumorale chez des enfants avec des tumeurs de la famille du sarcome d'Ewing ou des tumeurs génétiques similaires (essai parrainé par le NCI/NIH).

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